«C’est un des beaux plateaux que j’ai eu la chance de manger dernièrement. Il est très varié, avec des beaux produits de qualité, bien présentés. Toutes les cochonnailles, comme la mortadelle et les terrines, sont faites maison.» -Marie-Claude Lortie

Une équipe passionnée aux commandes

Derrière chaque assiette qui sort des cuisines de L’Impérial, il y a une brigade menée par le chef Marc-Antoine Gagnon, un visage bien connu des gastronomes de la région. Formé dans les plus grandes maisons montréalaises, il a rapporté avec lui une obsession pour les produits du terroir québécois et un respect presque maniaque des saisons. «Ici, on ne triche pas avec le goût», dit-il souvent en souriant. Cette philosophie se ressent dès la première bouchée : les sauces sont montées au beurre, les marinades sont longues, et chaque garniture a sa raison d’être dans l’assiette.

En salle, c’est la sommelière Émilie Dufresne qui orchestre les accords avec une aisance déconcertante. Elle a composé une carte des vins privés qui fait la part belle aux petits vignerons nature, mais sans tomber dans le dogmatisme. Son plaisir, c’est de dénicher la bouteille parfaite pour rehausser le plat du moment, que ce soit un riesling alsacien sur une terrine maison ou un pinot noir de l’Oregon avec le plat du jour. Résultat : un service aussi chaleureux que pointu, où l’on se sent guidé sans jamais être intimidé. Comme le confirme un habitué : «C’est rare, un resto où l’on te regarde dans les yeux avant de te parler de vin.»

Une salle qui raconte une histoire

Pousser la porte de L’Impérial, c’est entrer dans un décor qui mêle l’élégance brute du Vieux-Montréal à des clins d’œil plus contemporains. Les murs de briques centenaires ont été dégagés et cohabitent avec des banquettes en velours bleu nuit, des miroirs vieillis et des suspensions en laiton qui jettent une lumière dorée sur les tables. L’acoustique a été soigneusement travaillée pour qu’on puisse entendre le doux brouhaha des conversations sans avoir à élever la voix. On s’y sent immédiatement bien, comme dans un club privé qui serait resté accessible.

L’été, la terrasse arrière se transforme en un véritable jardin secret, à l’abri de l’agitation de la rue. Les amateurs de tête-à-tête y trouvent leur compte, mais la grande table commune peut accueillir des groupes bruyants venus célébrer un anniversaire ou une promotion. Les détails ne sont jamais laissés au hasard : chaises confortables, nappes de lin, et toujours une petite attention du chef dès la mise en bouche, comme un croquant de foie gras ou une huître fraîchement décoquillée. Dès la première minute, on comprend pourquoi tant de critiques parlent d’une «destination» plutôt que d’une simple adresse.

Les signatures qui font saliver

Impossible de parler de L’Impérial sans évoquer son fameux plateau de fruits de mer, devenu la star des réseaux sociaux. Comme le soulignait Marie-Claude Lortie dans sa chronique, c’est un défilé de produits nobles : huîtres de l’Île-du-Prince-Édouard, crevettes nordiques, crabe des neiges effiloché et un tartare de saumon relevé à l’huile de sésame grillé. Mais la grande affaire, ce sont les accompagnements faits maison : une mayonnaise au citron confit, un beurre à l’ail noir et ce petit pain de seigle toasté qui sert d’écrin à chaque bouchée. À lui seul, ce plateau justifie le détour.

Du côté de la carte chaude, les réguliers jurent par la bouillabaisse moderne, qui revisite le classique provençal avec une touche locale. Le homard de Gaspésie y côtoie des pétoncles poêlés, le tout nappé d’un fumet réduit au safran des Cantons-de-l’Est. On y trouve aussi un cassoulet «Impérial» où le confit de canard maison, la saucisse de Toulouse et les flageolets mijotent pendant des heures. C’est un plat qui porte bien son nom : généreux, réconfortant et définitivement impérial. Pour les jours de grande faim, quelques tables optent encore pour la côte de bœuf vieillie à partager, servie saignante sur une planche avec des frites cuites au gras de canard.

  • Plateau Imperial : huîtres, homard, crabe, crevettes, bigorneaux
  • Bouillabaisse gaspésienne : homard, pétoncles, safran des Cantons
  • Cassoulet maison : confit de canard, saucisse de Toulouse, haricots mijotés
  • Côte de bœuf vieillie pour deux, frites au gras de canard

Événements et collaborations : quand L’Impérial sort du cadre

L’Impérial ne se contente pas d’être l’une des tables les plus citées de la province ; elle est devenue un véritable lieu de vie culturelle. Chaque mois, le restaurant accueille une soirée thématique qui attire une foule d’initiés. On a vu Joe Beef investir la cuisine le temps d’un samedi soir pour un duel amical autour du homard, une collaboration dont les échos résonnent encore sur les blogues culinaires. Le concept ? Chaque chef propose sa vision en cinq services, et les convives votent pour leur plat préféré. Une formule qui permet de voir des talents échanger à coups de beurre monté et de réduction de homard, le tout dans une ambiance électrique.

L’établissement s’associe aussi régulièrement avec des producteurs régionaux pour des soupers à quatre mains. Le mois dernier, c’est un éleveur de porc Berkshire de la Beauce qui était à l’honneur : le chef Gagnon avait conçu un menu cochon de la tête à la queue, pendant que l’agriculteur racontait son métier entre les plats. Une soirée où l’on ressort le ventre plein et la tête remplie d’histoires de terroir. Pour rester informé de ces événements, rien de plus simple : il suffit de suivre leur page Facebook, où l’équipe annonce en primeur les prochains «À Couteaux Tirés», ces soirées débridées filmées pour la chaîne Casa. Abonnez-vous vite pour ne rien manquer!

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